Choisir une crème solaire efficace et sans produits toxiques

L’été est arrivé et chaque dimanche soir, des hordes de homards reviennent à la queue-leu-leu des plages. Bien que le bronzage vous rende tellement beau/belle que vous pourriez vous faire l’amour, la dorure est un art délicat qu’il ne faut pas pratiquer sans précautions. Faute de quoi, la séance d’exposition peut vite se transformer en barbec, et vous en chipo carbonisée. Pour éviter le drame, l’arme indispensable (outre un peu de bon sens), c’est évidemment la crème solaire. À condition de bien la choisir, et de bien l’utiliser.

N'oubliez pas la crème solaire !

Qu’y a t-il dans une crème solaire ?

En règle générale, une crème solaire est un mélange d’huile, d’eau, de substances qui jouent le rôle de filtres ultraviolets, et de conservateurs et additifs aux propriétés diverses et variées (facilité d’application de la crème, bonne odeur, texture, etc.)

Pour nous protéger des rayons UVA et UVB (toujours vérifier que la crème s’occupe des deux, les premiers augmentent les risques de cancers, les seconds sont responsables des coups de soleil et mélanomes), il existe deux sortes de filtres UV :

  • Les filtres chimiques : ils protègent la peau en absorbant les rayons UV. Ils ne sont efficaces que 20 à 30 minutes après l’application.
  • Les filtres minéraux : ils agissent comme un bouclier en reflétant les rayons du soleil, et ce dès qu’ils entrent en contact avec la peau. C’est le cas du dioxyde de titane ou de l’oxyde de zinc.

Pourquoi pas les crèmes à filtres chimiques ?

La première catégorie, les filtres chimiques, sont montrés du doigt car suspectés d’agir comme des perturbateurs endocriniens (c’est quoi un PE ?). Ainsi, les souris de laboratoire qu’on tartine de crème solaire développent généralement des malformations, notamment au niveau des organes sexuels, ou accusent des retards de puberté. Les filtres UV chimiques auraient donc des effets délétères sur l’organisme, en interférant avec le système endocrinien. À noter qu’ils sont également accusés d’entraîner une importante pollution des eaux, de détruire les récifs coralliens et de s’accumuler dans les organismes des poissons (que nous mangeons ensuite…)

Filtres minéraux : attention aux nanos

Les filtres chimiques semblent donc à bannir : et si nous les remplacions par les filtres minéraux ? Bof… Ces substances sont difficiles à étaler et laissent des traces blanches sur la peau. Bref, tout le contraire du ventre doré et huilé que vous espériez exhiber sur la plage après avoir fait des abdos tout le mois de juin. (C’était de toute façon modérément efficace en sortant tous les soirs sous prétexte qu’il y a l’Euro.)

Pour résoudre ce problème, les marques ont trouvé la solution : recourir à du dioxyde de titane ou à de l’oxyde de zinc sous forme de nanoparticules, ce qui rend la crème solaire bien plus fluide et facile à étaler.

Or, là encore, il y a un problème : du fait de leur toute petite taille, ces particules arrivent à se faufiler jusqu’au sang et aux organes internes. Or, les nombreuses applications possibles des nanotechnologies (en cosmétique mais aussi dans le textile, les emballages, l’automobile, l’électronique, etc.), font que personne n’est trop pressé de savoir si elles représentent un risque pour la santé.

Pourtant, il existe en droit ce que l’on appelle le principe de précaution, qui suppose qu’on ne balance pas des substances partout tant qu’on n’a pas la preuve de leur innocuité. Et pour l’heure, les études scientifiques menées sur les nanos « se contredisent » : certaines affirment qu’elles n’ont aucun effet néfaste pour l’homme, et certaines démontrent une augmentation des risques de cancer. Ahem.

Évitez additifs et conservateurs

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Quelques ingrédients à privilégier ou à éviter… (Source : Passeport Santé)

À noter que les additifs et les conservateurs présents dans les produits solaires peuvent également poser problème. C’est le cas par exemple du Triethanolamine, qui sert à réguler le pH, joue le rôle d’agent émulsifiant, de tensioactif et d’agent masquant. Il est susceptible d’entraîner le développement de nitrosamines (cancérigènes), du Disodium EDTA (permet de contrôler la stabilité et la viscosité du produit, mais contient des métaux lourds), des silicones…

Sans filtres chimiques et sans nanoparticules

Donc. Nous avons d’un côté un cocktail de substances qui, une fois dans notre organisme, se prennent pour des hormones et sèment la pagaille dans notre système endocrinien. De l’autre, des particules tellement minuscules qu’elles peuvent aller se loger n’importe où et sont potentiellement des bombes à retardement pour notre santé. Sans parler de toutes les autres substances annexes qui sont allergènes (parfums, huiles essentielles), cancérigènes, perturbatrices endocriniennes, et j’en passe.

Il nous faut donc trouver une crème solaire sans filtres chimiques, sans nanoparticules et sans additifs problématiques. Autrement dit, un trèfle à quatre feuilles. Ça existe, mais c’est rare.

Si vous n’êtes pas déjà un minimum informé sur la composition des produits cosmétiques, sachez que l’écrasante majorité des produits solaires que nous achetons, y compris les grandes marques distribuées en pharmacie et donc spécialistes du « healthwashing » (Avène, La Roche-Posay et consorts) contiennent ces substances problématiques. Même les produits étiquetés « peaux sensibles » ou « gamme enfant ». Si cette information vous laisse sceptique, lisez cet article du blog La Vérité sur les Cosmétiques, qui étudie en détail la composition de plusieurs crèmes solaires et montre à quel point les industriels nous prennent pour des ventrèches.

On ne le répètera jamais assez, méfiez-vous des étiquettes : la seule information qui vaille, c’est la liste INCI. Le reste n’est que marketing, packaging, branding et autres trucs en -ing. (Comme fisting.)

Quel indice de protection choisir ?

Justement, puisqu’on parle de marketing, abordons un peu le sujet « indice de protection » ou FPS (facteur de protection solaire). La plupart d’entre nous sommes persuadés qu’une vraie protection correspond à un indice 50 et au-delà, mais saviez-vous qu’entre un indice 30 et un indice 50, la différence d’efficacité est absolument minime ?

FPS crème solaire
Extrait du blog du Pharmachien

Bref, encore une fois, on se fait avoir, en se faisant vendre plus cher des produits qui ne sont absolument pas plus efficaces. Un indice 30 convient à tout le monde, et les peaux mattes pourront se contenter d’un indice 20. Dans tous les cas, l’application est à renouveler toutes les deux heures et après chaque baignade. Et mettez-en jusque sous le maillot, faute de quoi vous allez vous retrouver avec le contour de celui-ci en traces rouges. (Oui, c’est du vécu.)

Alors, quelle crème solaire acheter ?

Compliqué, tout ça… Concrètement, comment faire pour savoir quoi acheter quand on n’a pas de doctorat en chimie et pas prévu de poser un RTT pour aller choisir une crème solaire ?

Au départ, j’avais pensé vous faire tuto « fabrication de produits solaires », mais ça nécessite d’acheter tout un tas de produits dont on ne se resservira plus jamais, et je ne suis pas pour l’accumulation de trucs inutiles. Si toutefois vous tenez absolument à mélanger de l’huile de sésame et de l’oxyde de zinc au bain-marie, voici un exemple de recette ici. C’est aussi efficace qu’une crème solaire du commerce.

Personnellement, j’ai trouvé à ma Biocoop un produit que j’utilise pour la deuxième année consécutive et dont je suis assez satisfaite : le spray solaire Alga Maris des Laboratoires de Bizarritz. Il n’est pas beaucoup plus cher qu’une crème solaire de supermarché (regardez les prix au litre !) et sa composition est ce que j’ai trouvé de plus propre. Sans filtres chimiques et sans nanos, sans alcool, sans parabènes. Clean, quoi. Il n’a pas non plus d’odeur bizarre. Le seul inconvénient, c’est que la texture est épaisse, un peu blanche, et qu’il faut prendre son temps pour l’étaler. Mais je préfère avoir quelques marques blanches aujourd’hui que faire une chimiothérapie dans 30 ans.

crème solaire alga maris
Oui, j’ai pris un indice 50+, mais c’est parce qu’il n’y avait plus de FPS 30 ce jour-là…

On m’avait également conseillé Dermatherm, Naturado ou Alphanova (facile à trouver et commander sur Internet), mais je n’ai jamais essayé ces produits moi-même. N’hésitez pas à me faire des retours si vous avez des questions ou si vous connaissez des crèmes solaires efficaces et non-toxiques.

Et bien évidemment, la meilleure des protections solaires consiste encore à ne pas faire la crêpe pendant des heures sur la plage… À bon entendeur !

Bel été à tous !

Sources et références :

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