Quels lieux de consommation alternatifs pour sortir des circuits classiques ? Consommer mieux #4

Je vous ai parlé des supermarchés, des magasins bio, du marché. Maintenant, j’aimerais vous parler de tout le reste. De ces lieux de consommation alternatifs à la grande distribution qui tous les jours se créent, ou plutôt se recréent. Car la vente directe ou le vrac ne sont pas une invention des années 2000. Tout ce que notre époque a ajouté, ce sont les hashtags.

Petit guide du consommateur démuni

Comme je suis très sympa, j’ai listé tous les lieux de consommation alternatifs que j’ai moi-même testé. Cette liste pourrait donc bien s’allonger avec le temps (ou votre collaboration 😉 )

Les AMAP

On ne présente plus les stars du circuit court, j’ai nommé les Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne (AMAP). Qu’est-ce qu’une AMAP ? Un regroupement de consommateurs, qui s’entendent avec un ou plusieurs producteurs pour acheter régulièrement (une fois par semaine, par exemple) un « panier » de produits. Fruits et légumes frais, fromage, œufs, viande, miel… La production n’est pas forcément bio, mais souvent au moins raisonnée. Toutes les semaines, les producteurs livrent l’AMAP et les bénévoles de celle-ci organisent une collecte des paniers. Les consommateurs s’engagent généralement par contrat sur une saison ou un an et règlent la somme à l’avance. Ils sont solidaires des producteurs en cas de mauvaise récolte due aux aléas du climat.

  • Les avantages : Des produits de qualité à petits prix, une rémunération juste pour le producteur, pas d’intermédiaire, une saisonnalité respectée, possibilité de rencontrer un voisin mignon.
  • Les inconvénients : Un véritable engagement, des créneaux de distribution fixes, pas de souplesse si absence ou départ en vacances (à moins que vous ne donniez votre panier au voisin mignon).

La Ruche Qui Dit Oui !

On ne peut plus parler d’AMAP sans évoquer LRQDO. Je n’entrerai pas dans un long débat pour ou contre la Ruche. Personnellement, je n’y fais pas mes courses. Je trouve les produits trop chers et leur utilisation ambiguë de l’image des AMAP me dérange. LRQDO n’est pas un circuit court : il y a 2 intermédiaires, qui sont la maison mère (Equanum, qui se rémunère 8,35% sur chaque vente) et l’entrepreneur local responsable de la Ruche (qui se rémunère aussi 8,35%). Ça n’a rien de mal en soi, mais il faut le savoir. Le principe : le consommateur s’inscrit dans la Ruche la plus proche de chez lui. Il a la possibilité chaque semaine de commander les produits de son choix sur Internet. Il vient ensuite les chercher aux heures de distribution.

  • Les avantages : Des produits locaux de qualité, une bonne rémunération du producteur, la liberté d’acheter ou non chaque semaine.
  • Les inconvénients : ce n’est pas de la vente directe, les produits sont chers.

>> Si vous voulez en savoir plus, lisez l’article de Reporterre qui explique très bien les différences entre AMAP et ruches.

Les systèmes de paniers locaux

Profitant de la sexyness retrouvée des paniers locavores, de nombreux systèmes de distribution se sont développés sur le ouèbe. Le site Mon Panier Bio en référence un certain nombre. Il y en a bien trop pour vous faire une liste exhaustive. Quelques conseils toutefois : vérifiez comment ça fonctionne, la provenance des produits, et faites attention aux prix. Une astuce fréquente est de proposer les fruits ou légumes par bottes, barquettes, ou unités de 500g. Ce qui nous endort un peu sur le montant au kilo. Globalement, ces systèmes sont assez chers, mais si vous dénichez la perle rare près de chez vous, foncez ! (Et faites tourner !)

Le drive fermier

La tortue fait ses courses à Bordeaux.

Le réseau Bienvenue à la Ferme appartient aux Chambres d’agriculture. Le drive fermier est porté par une SARL indépendante. Elle prélève une commission de 15% pour assurer son fonctionnement et développer de nouveaux points de retrait. J’aime beaucoup cette initiative, qui met en contact producteurs et consommateurs (même si un intermédiaire est nécessaire pour la coordination, comme presque partout finalement). On commande en début de semaine (fruits, légumes, viandes, pains, fromages, œufs…) et on vient récupérer ses achats avant le weekend. Les produits ne sont pas forcément bio mais au moins raisonnés, la qualité est au rendez-vous, pour un prix modique et c’est indéniablement local !

  • Les avantages : De bons produits fermiers locaux, la rémunération juste des producteurs du coin, la liberté d’acheter ou non chaque semaine, des prix très intéressants.
  • Les inconvénients : Pas beaucoup de choix en bio, pas tout à fait de la vente directe.

Les épiceries sans emballage / Le vrac

Fruits séchés au Day by Day, chaîne française d’épicerie en vrac

La vague Zéro Déchet n’est pas qu’une lubie de blogueuse green, elle gagne progressivement les villes. Ça n’a rien de révolutionnaire en soi : ce n’est ni plus ni moins que ce que faisaient nos grands-parents. Le principe : on vient avec ses propres contenants, qu’on pèse au préalable, puis on se sert tout ce qu’on veut (céréales, légumes secs, huiles, boissons, thés, savons à la découpe, dentifrice solide, chocolat, friandises… J’ai même vu des Schtroumpfs au Day by Day ahem). Idéal, si comme moi vous êtes un gros flemmard qui détestez sortir les poubelles. C’est souvent moins cher, mais par précaution, regardez toujours les prix au kilo. Il est aujourd’hui très facile de se procurer de petits pochons légers, voire de confectionner soi-même ses sacs à vrac. Le zéro déchet demande un peu d’organisation au départ, mais une fois pris le pli, c’est finalement assez facile.

  • Les avantages : réduction des déchets, large choix de produits, prix intéressants.
  • Les inconvénients : pas toujours bio ni local, pas en circuit court.

Les magasins de producteurs

La vente directe de produits fermiers se (re)développe sous une multitude de formes. Les magasins de producteurs sont des regroupements de paysans, qui s’organisent pour vendre en direct leurs produits dans une enseigne qu’ils tiennent à tour de rôle. Le site Magasins de Producteurs les référence.

  • Les avantages : produits ultra-frais et locaux, rémunération juste des paysans, circuit court, lien direct avec le producteur, prix intéressants.
  • Les inconvénients : pas toujours bio, et sinon je ne vois pas, hormis qu’il n’y en a pas assez…

Et moi, dans tout ça ? Comme je vous l’ai déjà dit, j’ai rejoint le projet de supermarché coopératif et participatif Supercoop, qui avance à son rythme. C’est clairement le modèle qui me convient le mieux.

Bref, vous l’aurez compris, où que vous habitiez et quels que soient vos critères, il est très probable que l’un de ces lieux de consommation alternatifs vous soit accessible et vous convienne. Vérifiez toujours les prix, renseignez-vous sur leur fonctionnement réel et sur la qualité des produits. Si ça matche vos critères, yallah.

Cet article fait partie de la série « Où faire ses courses pour consommer mieux ? ». Il pourra être régulièrement mis à jour, en fonction de mes découvertes (et de vos coups de pouce éventuels !)

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