À quel savon ou gel douche bio se fier ?

Récemment j’accouchais d’un article énervé sur le greenwashing et le healthwashing. Parce que toutes ces publicités mensongères sur le sain et le naturel me sortent par les yeux. Les conseils pour bien choisir ses produits cosmétiques et d’hygiène sont nombreux sur les Internets. Sauf que là, t’as envie de me dire : merci, mais concrètement j’achète quoi ?

Je m’en vais te donner quelques exemples.

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Quelles substances éviter dans les savons et gels douches ?

C’est quoi, le problème avec les savons et gels douches ? Leur composition, mon capitaine. Allergènes, substances irritantes ou toxiques, perturbateurs endocriniens… Y’a du monde dans le flacon.

Conséquence, la liste des marques à fuir est longue (et non exhaustive) :

  • En supermarché : Sanex, Cadum, Le Petit Marseillais, Ultra Doux, Ushuaïa, DOP, Nectar of Nature, Tahiti, Dove, Nivéa…
  • En (para)pharmacie : Saforelle, Rogé Cavailles, Biotherm, Klorane, Nuxe, La Roche Posay, Ducray, Bioderma, Avène, A-derma……
  • En boutiques spécialisées : Yves Rocher, l’Occitane, Lush, Sephora, Marionnaud…
La fiche-mémo publiée par l’UFC-Que Choisir, pour éviter de se doucher avec le pire du pire.

L’association Slow Cosmétique vous propose aussi son flyer pour vous y retrouver dans les étiquettes.

Les labels bio sont-ils fiables ?

Pour bien vous orienter, mon premier conseil serait de vous fier aux labels, en choisissant un savon ou un gel douche bio, certifié par Ecocert ou Cosmebio.

Malheureusement, même ces produits-là ne sont pas parfaits. Certains contiennent de l’ammonium lauryl sulfate, un agent lavant au fort pouvoir irritant. Pourquoi est-il autorisé en cosmétique bio ? Parce qu’il est d’origine naturelle. Or, naturel ne veut pas dire inoffensif

Extrait du comparatif du site UFC-Que Choisir

Alors, on est foutus ? Mais non. Au rayon savon et gel douche bio, il y a quand même de quoi faire.

Trouver un gel douche bio : 3 exemples de produits fiables

Les 3 produits ci-dessous ne sont que des exemples de gel douche bio à la fois sain, fiable et abordable. Il en existe une foultitude d’autres. N’oubliez pas que l’important reste de toujours vérifier la liste des ingrédients véritablement présents…

 

J’aime bien cette marque qui propose beaucoup de produits d’hygiène et cosmétiques sains et sûrs.

Ici, c’est une base lavante douce à base d’huiles d’olive et de coco, de l’eau florale de lavande et des extraits de mauve et de guimauve. Il n’y a ni parfum, ni huile essentielle, idéal donc pour les peaux sensibles et réactives.

Ce gel douche bio est conditionné dans un grand flacon d’1L, à recycler quand on n’en a plus l’utilité 😉

 

Là aussi, la base lavante est douce (issue de la noix de coco). L’huile essentielle de citron et l’eau florale de verveine apportent une touche de fraîcheur et une odeur pas désagréable sous la douche.

Flacon et bouchon sont recyclables. Ce gel douche peut aussi être utilisé comme shampoing. Comme les autres produits listés ici, il n’a pas été testé sur les animaux.

 

La présence d’aloe vera donne à ce gel douche une texture gélifiée. La base lavante est issue du coco. Le flacon-pompe, fabriqué à partir de sucre de canne, se recycle comme les autres emballages de gels douches. Optez toujours pour le format familial d’1L, moins cher et qui vous évite d’en racheter tous les quatre matins !

 

Bien sûr, pour éviter la surboum de bactéries, ces gels douches contiennent un minimum de conservateurs.

Pour les puristes et les tout petits budgets, il existe plus simple et moins cher : le savon de Marseille.

Le meilleur combo économies-écologie : le vrai savon de Marseille

Difficile de rivaliser avec la formule du savon de Marseille. Totalement biodégradable, il ne contient aucun produit nocif pour l’homme ou pour l’environnement, en plus d’être bigrement peu cher.

À condition, bien sûr, qu’il s’agisse d’un véritable savon de Marseille. Car l’appellation n’est absolument pas protégée, et la réglementation assez vague. Résultat, c’est vraiment la fête du slip de l’arnaque.

Le Curionaute et Consommons Sainement (deux sites que j’affectionne pas mal) ont chacun publié un article détaillé sur comment bien choisir son savon de Marseille. Voici, en résumé, les caractéristiques d’un authentique savon de Marseille :

  • Fabriqué à partir d’huiles végétales et de soude (sodium hydroxide). La vraie recette ne comprend que de l’huile d’olive (sodium olivate), même si l’immense majorité des « savons de Marseille » contiennent d’autres huiles (coprah, palme…)
  • Ne contient AUCUN additif (parfum, colorant, conservateur…) De fait, tu as l’impression de te doucher à l’huile d’olive ; ce qui est perturbant, mais absolument pas grave.
  • De couleur vert pâle à brun. Les savons dits « de Marseille » blancs sont des savons à l’huile de palme. Si elle n’est pas nocive pour nous, l’huile de palme est l’une des principales responsable de la déforestation dans le monde, en particulier en Indonésie et Malaisie. Un désastre écologique qu’on ne voudrait pas cautionner en achetant un savon soi-disant artisanal…

La plupart des « savons de Marseille », notamment ceux vendus en supermarché, sont des savons blancs (à l’huile de palme, donc) et parfumés. Bref, des produits qui n’ont de savon de Marseille que le nom !

Si tu as suivi, tu sais donc que ceci n’est PAS du savon de Marseille.

Où trouver un VRAI savon de Marseille ?

Tu l’as compris, la méfiance est de mise ! Si tu n’as pas la chance d’avoir une épicerie sans emballage ou un magasin de vrac (comme La Recharge pour les bordelais, ou la chaîne Day by Day un peu partout en Francevendent du vrai savon à la coupe) près de chez toi, tu peux te tourner vers les Internets.

En ligne, tu trouveras par exemple des savons Marius Fabre (mélange huile d’olive / huile de coprah). Moi, j’ai la chance de les trouver directement chez Supercoop, le supermarché participatif dont je fais partie 🙂

Plus chers, mais plus purs : les savons de Marseille de la marque Alepia, recommandés par Le Curionaute.

L’idéal, à tous points de vue (santé, déchets et porte-monnaie), c’est d’acheter un bloc solide et non emballé.

Pour ceux qui trouvent le format peu pratique, il existe aussi du savon de Marseille liquide, vendu en flacon-pompe ou en recharge d’1L. Mais c’est un peu plus cher, et la présence d’eau nécessite l’ajout de conservateurs pour ne pas que les bactéries prolifèrent. Ce n’est donc pas du savon de puriste.

Savon de Marseille ou savon d’Alep ?

Outre le lieu de fabrication, la différence entre savon de Marseille et savon d’Alep réside dans la présence ou non d’huile de laurier (Laurus nobilis) en plus de l’huile d’olive

Compte tenu du drame dont la Syrie est le théâtre depuis de nombreuses années, on comprend que la fabrication de savon ne soit pas la priorité des Alepiens. Même si la vraie recette peut être suivie ailleurs dans le monde…

Et les savons à froid ?

Depuis quelques années, on entend beaucoup parler des savons surgras et à froid, comme par exemple ceux de Gaiia ou de Clémence & Vivien. L’association Slow Cosmétique à travers son fondateur Julien Kaibeck en fait largement la promotion.

Quésaco ? Ce sont des savons fabriqués à partir d’ingrédients naturels (huiles et glycérine végétales), dont la saponification se fait « à froid » (contrairement à celle des savons de Marseille et d’Alep). Ceci lui confère des propriétés hydratantes puisqu’il est enrichi en huiles et beurres végétaux (avant et après la saponification) et en glycérine naturelle. Parce qu’il est doux, on peut l’utiliser pour la toilette du visage, le rasage, le démaquillage…

Pour moi, le seul inconvénient des savons à froid, c’est leur prix : ils sont quand même 2 à 4 fois plus chers que du savon de Marseille. Mais ils sont polyvalents, et grâce à leur format solide, ils ont quand même une bonne durée de vie. À vous de voir 😉

Le bon choix au supermarché

Et au supermarché ? Pas facile de trouver un savon ou un gel douche bio qui vaille le coup. C’est la foire aux Sanex, Cadum, Dop, Tahiti et autres Petit Marseillais…

Oui, mais si on n’a pas d’autre endroit pour faire ses courses, on se résigne à se doucher au détergent ?

Non. La grande distribution s’adapte à la demande, et élargit depuis des années son offre de produits bios. (Pas toujours pour le meilleur, mais c’est un autre sujet.) Vous y trouverez par exemple la marque So’Bio Etic. En exemple, le gel douche surgras à l’huile de karité est un choix intéressant, sans produits dangeureux.

En résumé avant d’acheter un savon ou gel douche (bio), n’oubliez pas de :

  • Lire la composition (liste INCI) : un peu fastidieux au départ, mais une fois que vous avez trouvé le bon produit, c’est parti !
  • Vous méfier des mentions vagues et trompeuses, style « extrait naturel » ou « sans parabènes ». Ça n’adoube en rien le produit, seule la composition compte.
  • Préférer les formats solides ou les grands volumes : moins de déchets, et moins de dépenses !
  • Recycler vos flacons.

Bonne quête du savon ou du gel douche bio de vos rêves, petites tortues !

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