J’ai (enfin) rejoint Supercoop, le projet de supermarché coopératif et participatif à Bordeaux

Des mois et des mois que je surveillais d’un œil distrait le développement de ce projet de supermarché coopératif dans la métropole bordelaise. Pourquoi ne me suis-je pas engagée plus tôt ? Oh, vous savez, la peur d’aller à une réunion d’information peuplée de babos utopistes et de militants qui ne se lavent pas les cheveux. La gêne d’y aller toute seule et de ne pas savoir à qui parler. Et puis, mercredi, j’ai dit merde, cette fois j’y vais pour de bon !

supercoop, supermarché coopératif

Surprise : les Amis de Supercoop ne mangent pas. Ils sont même un peu timides, pas forcément très à l’aise dans l’exercice de la prise de parole en public. Mais surtout, ils sont tellement habités par leur idée de supermarché coopératif qu’en quelques minutes à peine, toute l’assemblée est captivée.

Et là, attablée devant mon carnet de notes et ma bière bio brassée localement, je me demande : « Merde, pourquoi ne suis-je pas venue plus tôt, déjà ? »

La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est pas trop tard pour rejoindre le projet. Au contraire, c’est le moment. Les statuts de la coopérative vont être déposés incessamment sous peu. Et l’association cherche un local à Bordeaux Sud pour héberger le futur magasin. Avec plus de 800 adhérents à la fin de l’année 2016, Les Amis de Supercoop ne sont plus très loin du minimum de 1 200 membres nécessaires pour que le projet vive.

Laborieux, vous croyez ? Si le démarrage est lent, le pari est loin d’être insensé. À la Park Slope Food Coop de New-York, premier supermarché coopératif de l’Histoire, ils ont dépassé les 16 000 adhérents. Actuellement, ils refusent les nouvelles demandes, faute de place. Conséquences de la crise financière, économique, politique et sociale qui s’est abattue sur les États-Unis.

Le concept de supermarché coopératif, venu tout droit des États-Unis

Ce concept de magasin participatif, auto-géré par les consommateurs, est né à Brooklyn dans les années 1970. Une bonne vidéo valant mieux qu’un long discours, je vous suggère de regarder ce reportage en français sur l’expérience américaine.

Le principe est donc d’offrir des produits de qualité à un prix abordable. Et ce, sans spolier les producteurs. Comment ? En évitant les marges d’intermédiaires qui se rémunèrent sur la vente des produits, et en économisant au maximum les coûts de main d’œuvre. Ainsi, chaque adhérent s’engage à travailler bénévolement 3 heures par mois pour faire fonctionner le supermarché coopératif : réception des marchandises, encaissement, mise en rayon, nettoyage… Tous ces postes sont occupés par des membres de la coopérative qui se relaient. L’occasion aussi de faire des rencontres en dehors de ses cercles habituels.

Une idée florissante en France

Il n’y a pas qu’à Bordeaux où le modèle new-yorkais a inspiré des âmes vaillantes. À Paris, le supermarché coopératif La Louve devrait ouvrir au cours du premier trimestre 2017. Il rassemble déjà plus de 4 000 membres. Partout en France, des projets émergent. Le site Conso Collaborative recense déjà une quinzaine de supermarchés participatifs. De grands médias s’emparent du sujet, et les articles se multiplient.

Supercoop, le futur supermarché coopératif de Bordeaux

Supercoop, le supermarché collaboratif de Bordeaux
Photo prise lors de ma visite dans les locaux actuels de l’association, place du XIV Juillet à Bègles. (Merci aux deux bénévoles qui ont gentiment pris la pose.)

Si vous me suivez un peu, vous devinez pourquoi ce projet m’enthousiasme. Un collectif de personnes dynamiques et souriantes, prêtes à se relever les manches pour un autre modèle de consommation. La recherche de produits sains, locaux et durables à un prix abordable, une juste rémunération des producteurs, des échanges et du partage. Amen.

Mes craintes ont très vite été balayées : au sein de l’association, les profils semblent variés. Les bénévoles, très investis, ne sont pas là pour donner des leçons. Ils savent ce qu’ils font, ils y croient, et ils sont prêts à accueillir tous ceux qui voudront se joindre à eux. Au terme de la réunion de présentation, j’étais certaine de vouloir rejoindre l’aventure.

Adhérer à Supercoop, pour construire un autre modèle de consommation

Pour moi, c’est désormais chose faite ! Je suis allée à Bègles, dans les locaux actuels de l’association pour renseigner mes petits formulaires et visiter le Labo, où les premières références sont en vente. Gros coup de cœur pour le quinoa d’Anjou (et non de Bolivie !) à 7,80 le kilo, soit deux euros de moins que dans les magasins spécialisés, les épiceries en vrac et les supermarchés…

Pour s’investir ou simplement suivre l’avancée de Supercoop, deux options actuellement :

  • Prendre des parts dans la coopérative qui est en train de se créer. Ça coûte 100 euros, et c’est valable à vie. Certes, c’est une sacrée somme. Surtout pour un projet qui n’est même pas encore concrétisé. Mais elle est restituée à ceux qui quitteraient le navire. Aucun risque, et pas besoin d’adhérer à l’association pour prendre part au projet. Car à terme, avoir une part sera obligatoire pour faire ses courses au supermarché coopératif.
  • Adhérer à l’Association Les Amis de Supercoop. Pour les frileux, les phobiques de l’engagement, les « juste curieux » et les adeptes du wait and see. Ça ne coûte que 20 euros, et ça permet de prendre la température.

Difficile de vous en dire plus pour le moment. Emportée par mon enthousiasme, j’ai écrit ce billet d’une traite en rentrant chez moi. Ça y est, j’ai mes parts à Supercoop ! La suite, vous la découvrirez en même temps que moi.

Cette histoire alimentera à coup sûr la série « Consommer autrement ». En attendant, je continuerai mes posts d’investigation avec les marchés, les ruches, les drive fermiers…

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