Expérimentations·J'ai testé pour vous

J’ai testé pour vous… Fabriquer son gel douche écologique.

Nous avons tous déjà entendu dire que nos produits cosmétiques et d’hygiène étaient composés d’ingrédients toxiques, et nous avons rangé cette information au même endroit que la date des rappels de vaccins. Pour ma part, j’étais déjà bien occupée à traquer les cochonneries dans mon assiette. Mais à force de m’intéresser à mon alimentation, de fil en aiguille, je me suis penchée un peu plus sérieusement sur les étiquettes des gels douches, shampooings, dentifrices, crèmes, etc. que j’achetais.

Et là…

Dans un premier temps, je me suis demandée pourquoi j’avais cherché à savoir. Jusque là, je passais au supermarché échanger un rein contre mon flacon-pompe de Cadum, le seul gel douche qui ne me filait pas d’eczéma, et vu le prix, j’étais persuadée d’investir dans un produit un minimum qualitatif. Sauf que le Cadum est, comme les autres gels douches, bourré de merdes, à commencer par le sodium laureth sulfate (dont les dangers sont très bien décrits sur le blog d’Oolution). Je vous laisse apprécier la liste des produits nocifs d’un flacon de Cadum sur Notéo, ou lire le décryptage de la liste INCI sur le site de Beauté-bio.

Bref, au moment où je regardais la composition de mon gel douche, je me suis vue en train de me badigeonner de détergent industriel, et ce quotidiennement pendant 24 ans. J’apprendrai plus tard qu’en fait, on trouve à peu-près la même chose dans un shampooing ou le gel douche que dans le produit vaisselle, poke si toi aussi tu te laves avec du Paic Citron.

Et maintenant qu’on sait ça, on fait quoi me direz-vous ? Deux solutions :

  • Acheter des produits bios : bien sûr, on parle ici de produits labellisés, pas du Petit Marseillais tout joli « aux extraits naturels de plantes », qui représentent en fait moins d’1% du total des ingrédients. L’ennui, si vous voulez du 100% naturel, c’est qu’il faut quand même regarder la liste INCI (si t’as pas pris latin au collège et que t’es une quiche en anglais, c’est le moment où jamais de te réconcilier avec les langues) : les produits « écologiques » ou « bios » peuvent contenir jusqu’à 5% de substances synthétiques. L’autre problème, c’est que ces produits sont souvent un peu chers, même si acheter de gros flacons rechargeables permet de faire quelques économies.
  • Fabriquer soi-même son gel douche, shampooing, etc. Le web regorge de recettes, tutoriels et autres DIY pour fabriquer soi-même ses produits d’hygiène. Il n’en fallait pas plus pour me convaincre de tenter l’expérience que je m’en vais vous narrer.

La séance de travaux pratiques : fabriquer son gel douche écologique 100% sain

J’avais chez moi un savon d’Alep bio dont je comptais me servir pour la toilette, avant de me dire que ce serait quand même beaucoup plus pratique d’avoir un gel douche. Google m’a filé des recettes ici ou , qui listaient à peu près toutes les mêmes ingrédients, à savoir :

  • un savon d’Alep de 200 grammes
  • un litre d’eau
  • 15 gouttes d’huiles essentielles (tea tree, lavande ou autre)
  • deux cuillères à soupe de glycérine végétale (et non de synthèse)

Première difficulté : se procurer de la glycérine végétale. En cherchant un peu sur Internet, j’ai découvert un tout nouveau monde, celui de la fabrication maison de cosmétiques. J’ai donc acheté ma glycérine sur un site web qui propose des recettes « maison » aussi interminables qu’alambiquées, dont les ingrédients sont tous disponibles sur la boutique en ligne. Passons.

Glycérine en main, je me suis lancée dans la fabrication proprement dite de mon gel douche. Voici les étapes :

  1. Désinfecter tout ce qui va servir à la fabrication du gel douche. Ça veut dire faire bouillir de l’eau 10 minutes dans la casserole qui va accueillir le mélange pour la stériliser, et nettoyer ses ustensiles à l’alcool (à 70° minimum).
  2. Râper le savon. Bien sûr, je n’ai pas de râpe chez moi et j’ai donc passé une bonne heure à découper mon savon au couteau pour en faire des morceaux aussi petits que possible. Naturellement, le couteau a ripé et j’ai dû interrompre la séance pour me faire un garrot au pouce.
  3. Dans la casserole propre, déposer le savon râpé, verser un litre d’eau tiède dessus et faire fondre à feu doux en touillant le mélange pendant environ 15 minutes : avec des plaques électriques, l’opération est malaisée. Au bout de 30 minutes à remuer un truc qui n’est pas de la soupe, j’en suis toujours au même point : une partie du savon a fondu mais il reste des flotteurs.
  4. Ajouter les huiles essentielles et la glycérine : j’ai choisi l’HE de tea-tree pour ses propriétés anti-bactériennes, mais apparemment, c’est le moment créativité, lâchez-vous.
  5. Verser la préparation dans un contenant : j’ai beau relire les différentes recettes, je ne vois pas où j’ai foiré. Je me sens un peu con avec ma casserole de liquide noirâtre qui pue le camphre (pardon, l’arbre à thé) et ses grumeaux de savon. Aucune idée de comment je vais me laver avec ça. Je le verse dans mon contenant, le flacon vide de Cadum, justement, en me disant qu’une fois refroidie, la préparation va peut-être épaissir un peu.
Ça aurait dû être ça. Sauf que c’était pas ça.

Le soir, ma tambouille est froide mais toujours aussi liquide. La perplexité est totale. Je regarde le flacon de glycérine à peine entamé avec le sentiment de m’être fait un peu rouler.

Le lendemain, à tout hasard, je jette un œil à mon pseudo gel douche écologique, m’attendant à devoir jeter le liquide d’un air contrit. Sauf que le machin s’est transformé en bloc de béton. Après un peu de forage (bien vu le flacon-pompe), je parviens à extraire un peu de produit. La couleur (une sorte de caca d’oie) comme la consistance (visqueuse) sont pour le moins… inhabituels. Quand je secoue bien, ça ressemble à un truc avec lequel on peut se laver. Il n’y a plus qu’à.

Le gel douche maison à l’usage ?

Malgré quelques surprises au démarrage, c’est un gel douche écologique et économique, dont je me sers pour le corps et le visage. Je pense que pour cette quantité de savon, il aurait fallu mettre plus d’eau. Ou plutôt, pour la même quantité d’eau, mettre moins de savon, car je ne bois pas de gel douche au petit-déjeuner et je n’ai donc pas l’utilité immédiate de 2L de produit, même en remplissant les pousse-pousse de la cuisine et de la salle de bain avec. Comme il contient beaucoup d’eau et aucun conservateur, il ne se garde pas très longtemps, et il faut systématiquement le secouer avant utilisation sinon on se retrouve avec une phase liquide et une phase solide… Bref, je ne suis pas vraiment convaincue.

Quand je l’aurais terminé, je testerais les savons solides dont on entend beaucoup parler depuis quelques temps, et qui promettent de remplacer nettoyant visage, gel douche et shampooing, intéressant quand on pense également à la réduction de ses déchets (et à la santé de son portefeuille…) Ce sera l’occasion d’écrire un autre article !

Avez-vous également testé la fabrication de gel douche maison ? Quelles sont vos astuces pour réussir vos préparations ? Quels produits utilisez-vous pour la toilette quotidienne ?

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