Quelle ne fut pas ma surprise et ma joie en rejoignant la toile hier matin. Fil d’actualités Facebook, tweetosphère, médias en ligne, radios, télés : le monde de l’information se faisait le relai du pavé dans la mare jeté par l’UFC-Que choisir. Cosmétiques toxiques, dangereux, substances préoccupantes… Attention, SPLASH.
Alors bien sûr, on n’a pas été épargnés par les titres un peu racoleurs et les inévitables raccourcis de type « l’UFC recommande d’éviter 185 produits cosmétiques » ou « voici la liste des produits à bannir » (= pour les autres, l’UFC n’a pas regardé donc on va continuer à ne pas lire les étiquettes et partir du principe qu’il n’y a rien à redire sur la composition) (ben oui la présomption d’innocence, c’est un droit ça, non ?).
Lire ce genre d’articles a un peu calmé mon allégresse, tant c’est une mauvaise manière de restituer le travail de l’UFC. L’association a certes mis en place une base de données pour recenser et nommer les produits de consommation courante qui contiennent des substances douteuses, mais il ne s’agit en aucun cas d’une liste exhaustive et définitive. Les consommateurs sont d’ailleurs invités à l’alimenter à mesure qu’ils progressent en latin (vous n’auriez jamais pensé que cette langue vous servirait un jour, eh bien voilà).
Ce ne sont donc pas 185 produits à éviter : c’est tout un mode de consommation à revoir, en commençant par apprendre à lire la composition des produits. Et justement, l’UFC a bien fait les choses, puisqu’elle a mis en ligne une carte-repère des principales molécules dangereuses que l’on retrouve dans les cosmétiques. L’idée, c’est de pouvoir les traquer soi-même dans la liste INCI (vous savez, ce truc incompréhensible au dos des flacons) et donc d’arrêter d’acheter de la m… C’est vrai qu’il y a un paquet de molécules, c’est vrai qu’elles ont des noms biscornus, c’est vrai que c’est difficile à retenir, mais ça reste plus pratique que de se balader au supermarché avec une liste de 185 produits qu’il va falloir réimprimer chaque semaine parce qu’elle risque clairement de s’allonger jusqu’à plus l’infini.
Je ne vous le cache pas, il y a quelque chose d’un tout petit peu agaçant à lire ces articles comme si l’UFC venait de révéler un scandale sanitaire jusqu’ici totalement insoupçonné, comme si on ne savait pas depuis longtemps qu’il est écrit n’importe quoi sur les étiquettes des produits qu’on nous vend, comme si on découvrait à l’instant l’existence des perturbateurs endocriniens… Bon.
Au moins le sujet s’est fait une place dans le débat public, même si le biais par lequel il y est arrivé me laisse un peu perplexe. On s’est brusquement intéressés à la composition des cosmétiques il y a dix jours, parce que l’association Women in Europe for a Common Future a publié une étude qui dénonce les ingrédients foireux dans les produits pour bébés. J’ai du mal à comprendre comment on peut s’en tamponner de se tartiner le museau de saloperies et soudainement crier au loup quand ça concerne les gamins. Ça doit être parce que je n’ai pas encore été touchée par la grâce de la maternité.
Ne manque plus qu’un petit Cash Investigation sur les ingrédients en cosmétique…
Joli mardi Anaelle 🙂 Et comme tous les mardis je viens de recevoir ma petite newsletter idécologie (https://www.idecologie.net/) tu connais?
Et tant que j’y pense aussi, l’appli pour téléphone intelligent (quoi?? le tien est con??! alors tant pis…) « 90 jours » qui donne des conseils pour twister facilement ton quotidien pour qu’il soit plus copain avec la planète.
A bientôt petite plume
Camille
Merci Camille ! J’ai reçu moi aussi ma newsletter Idécologie, c’est chouette comme idée je trouve 🙂 En revanche, je ne connaissais pas 90 jours et je vais le tester de ce pas ! Merci pour les tuyaux !
Arf j’aurai dû vérifier avant de laisser mon commentaire… puisque 90jours (http://90jours.org/) est aussi utilisable directement sur les Internets!! Joie joie joie 😉