1 décembre 2021

Une semaine sans Facebook : ce que j’en retiens

Ça y est. J’ai donc passé une semaine sans Facebook.

Franchement ? Je suis assez étonnée de la facilité avec laquelle j’ai fait sans. Je m’étais préparée à vivre telle une junkie en manque, la souris tremblotante au-dessus de la barre de recherche, et euh… Non.

En fait, la sensation qui a dominé cette semaine off, c’était le soulagement. Comme si je quittais un tapis de course qui déroulait trop vite pour moi.

Beaucoup plus de calme et de liberté

Plus de sollicitations intempestives, plus d’infos nouvelles, pas de contenu à créer, pas de réactions ou réponses à attendre, pas de morceau de vie auquel me comparer. Personne pour s’écharper sur la piqûre, pas de déclaration haineuse d’Eric Zemmour et consorts. Pas de nouvelles de gens perdus de vue depuis 10 ans ou de connaissances sympathiques mais avec qui je n’ai aucun lien particulier.

Je réalise que les réseaux sociaux nous exposent à bien plus d’informations que ce que nous sommes capables de traiter. Je ne crois pas qu’on puisse maintenir des liens avec 700 “ami·es”. En fait je me demande même si c’est très sain de garder artificiellement en mémoire tous ces noms, tous ces visages, tous ces bouts de vie. Ou de savoir à chaque instant ce qui se passe partout dans le monde, de zapper de l’Afghanistan au patelin d’à côté, de plus savoir de quoi on est proches, sur quoi on peut agir, à quoi on est physiquement relié·es.

M’extraire volontairement de tout ce bruit, cette agitation, ce trop-plein, m’a aidée à me sentir plus calme, plus focus sur ce que j’avais à faire. Et aussi plus libre, puisque je n’attendais plus rien.

Comme j’avais fixé une date de début et de fin, j’ai pu vivre cette semaine sans Facebook sereinement. Si j’avais voulu tout fermer d’un coup, je sais pas combien de mois ou d’années auraient pu s’écouler avant que je me décide. Là, j’ai pu faire mon expérience sans me prendre la tête avec la question : “Est-ce que je vais pas regretter d’avoir tout quitté ?” (Probablement pas, mais chaque chose en son temps…)

Le retour de l’addiction ?

Et puis la fin de la semaine est arrivée. Ma plus grande trouille, c’était de retomber dans l’addiction direct. Je pensais qu’au bout d’une semaine, je me sentirais comme une enfant punie qui a enfin le droit de rallumer la télé. En fait, j’étais plutôt comme une alcoolique découvrant qu’il y a une vie après la gueule de bois.

Lundi matin donc, j’ai rouvert Facebook pour checker mes notifications. J’avoue que l’idée de sollicitations laissées sans réponse me stressait un peu. Et devine quoi ? Il n’y avait absolument rien d’important. Mais il y avait un post intéressant sur mon fil, alors je l’ai lu, et puis aussi les 3 suivants. Quand j’ai relevé le nez, ça faisait déjà 10 minutes que j’étais tombée dans le vortex. Fun fact : le seul article qui m’a vraiment apporté quelque chose, je l’ai reçu dans une newsletter 2h plus tard…

C’était marrant de faire cette expérience car après une semaine de sevrage, j’ai aussitôt vu les effets de Facebook sur mon corps. En quelques secondes, je me suis sentie molle et absorbée par l’écran : m’en extraire m’a demandé un vrai effort de volonté. En parallèle, j’ai ressenti beaucoup d’agitation mentale : mon cerveau s’est affolé face à cette profusion de contenus, d’évènements, de noms, d’idées…

Bref : 10 minutes de Facebook, autant – si ce n’est plus – pour ramener du calme et de la clarté dans ma journée, me souvenir de mes priorités, faire le tri dans mes idées.

Aouch.

Ce qu’une semaine sans Facebook n’a pas réglé

Tu l’as compris, je suis contente d’avoir fait cette expérience qui m’a fait conscientiser plein de choses. Mais il me semble que c’est juste le début du chemin. Les réseaux sociaux exploitent nos blessures et nos biais, qu’ils aggravent d’ailleurs… Mais se déconnecter ne fait pas disparaître ces blessures et biais : en ce qui me concerne, ça m’a surtout amenée à les regarder bien en face.

Mon niveau de concentration est toujours assez faible

Ça fait plus de 15 ans que je vis et travaille avec les écrans. Ça fait donc looongtemps que j’ai cette possibilité de zapper ce que je fais au moindre ennui, à la moindre difficulté.

Ne plus pouvoir atterrir sur Facebook au premier inconfort venu n’a pas miraculeusement restauré mon niveau d’attention et de concentration, qui se situe actuellement vers le poisson rouge atteint de TDAH.

Je m’en doutais un peu avant de démarrer. Et pour éviter d’échouer sur Facebook avant de m’en rendre compte (taper “f” dans la barre de recherche, cliquer, se perdre), j’avais pris soin d’effacer le site de mon historique. Ce qui m’a pris 15 bonnes minutes, puisqu’il y avait, tiens toi bien… 8 400 entrées. Mon ordinateur a planté 3 fois pour tout supprimer.

Et la semaine dernière, comme je ne pouvais plus me perdre sur les réseaux sociaux, le zapping intempestif s’est reporté sur ma boîte mail. Logique : si Facebook me permet de fuir l’écriture d’un article qui résiste ou le remplissage d’un dossier qui me fait chier, supprimer Facebook ne supprime pas la cause de l’inconfort. Et ça ne modifie pas non plus mon rapport à l’inconfort. Je suis donc allée m’éparpiller ailleurs.

Ce qui m’amène à trois pistes pour la suite :

  • Continuer de court-circuiter cette habitude de zapper dès que je m’ennuie ou rencontre une difficulté, pour voir ce qui peut naître d’un rapport direct avec l’inconfort. Pour ça, je mets mon téléphone dans une autre pièce et utilise un bloqueur de distractions sur l’ordinateur.
  • Être plus au clair sur ce qui me pose des difficultés à me concentrer pour voir si je peux faire autrement, déléguer, arrêter… Si je rencontre de la lourdeur et que j’évite de m’y confronter, je ne peux pas faire de choix ajusté pour m’alléger.
  • Faire de vraies pauses quand j’en ressens le besoin : bouger, aller me promener, parler avec quelqu’un… Tout ce qui favorise le bien-être et la clarté.

Ma tête est toujours aussi pleine

Autre constat : une semaine de sevrage n’a pas suffit à désengorger mon cerveau de toutes les idées, informations, projets, sujets de réflexion dont il est saturé pour les 2 siècles à venir.

Il me faudrait plus de temps sans écrans pour décharger mon mental d’un tas d’infos inutiles. Mais les réseaux sociaux ne sont pas la cause de ce trop-plein. C’est mon habitude d’activer mon cerveau dès que je suis face à un problème ou une difficulté, et d’accumuler beaucoup d’information pour essayer d’y répondre.

Passer moins de temps sur les réseaux m’aide à revenir dans mon corps, et ressentir plutôt que réfléchir. Ça me libère du temps pour méditer, mettre mon corps en mouvement (par le sport, la danse, le chant, les promenades, etc.), voir des ami·es, échanger et rire avec mon amoureux, jouer avec mon chien, créer. Quand je suis moins dans ma tête, les idées et décisions ajustées viennent avec beaucoup plus de fluidité. Loin de me rendre indifférente à ce qui m’entoure, ou inerte, réfléchir moins m’aide à actionner beaucoup plus, et avec légèreté.

Ça me permet aussi d’être plus créative, en me libérant des carcans qui se créent sur les réseaux sociaux. Car à force de s’observer constamment les un·es les autres, on finit par tous·tes faire la même chose, réfléchir pareil, créer les mêmes trucs…

Là aussi, j’ai envie de poursuivre l’expérience. Et passer moins de temps sur les écrans m’y aidera.

La suite : quitter les réseaux sociaux ?

L’idée d’abandonner définitivement les réseaux sociaux fait son chemin, même si je ne me sens pas encore tout à fait prête. Je préfère avancer lentement mais sûrement, par petits pas, que me pétrifier ou reculer parce que la prochaine marche est trop haute.

Pour l’instant, j’ai choisi de passer à une utilisation très parcimonieuse des réseaux sociaux. Plus d’utilisation professionnelle (si tu te crois obligé·e de rester sur Insta/Facebook/LinkedIn pour ton activité, mais que ça te fait chier, pose moi tes questions et stay in touch, j’ai quelque chose qui prend forme pour toi). Des visites intentionnelles pour consulter une info particulière ou utiliser un outil précis, et c’esttout.

Honnêtement, je ne sais pas si c’est tenable sur la durée, puisque les réseaux sont quand même conçus pour nous happer et nous rendre addicts. D’ailleurs, j’avais déjà réduit drastiquement mon temps d’écran il y a 6 mois… Avant de replonger (pas autant qu’avant, mais replonger quand même).

Affaire à suivre… !

Photo à la une : Cesar Berrocal sur Unsplash

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12 Commentaires

  1. Marianne

    Encore un article très intéressant !
    Pour ma part, j’ai quitté facebook en 2012, ce qui m’a fait gagner 1h par jour (en 2012, qu’est ce que je pouvais bien y faire pendant 1h??). J’ai très vite réinvesti ce temps ailleurs sur internet bien sûr… Mais j’avais au moins gagné sur le plan de la comparaison avec la vie des autres.
    J’ai rejoint Diaspora-fr il y a peu, j’aime bien le principe, on s'”abonne” à des mots-clés et on voit toutes les publications qui le comportent (du genre agriculture, diy, open source, végétalisme…). C’est globalement un réseau de bobo écolos ^^ A part cela, je n’ai jamais été sur les réseaux donc cela ne me manque pas. Je n’ai pas non plus de smartphone, je n’ai qu’un petit tel qui envoie des sms et qui appelle, donc je me protège comme ça du “remplissage” de tous les petits temps d’attente. En tous cas je trouve ma vie déjà bien remplie et n’ai pas l’impression de passer à côté d’évènements ou d’actus!
    Mais je comprends qu’en tant que pro, ce soit bien différent.
    De mon côté je suis 100% pour les blogs et sites internet (je déplore quand certains commerces n’ont qu’une page facebook, pas facile de trouver leurs coordonnées, horaires, etc!). Mais bien sûr, ce n’est peut être pas le cas de la majorité…
    C’est aussi bien plus agréable visuellement que facebook! Et c’est aussi plus ouvert, pas besoin d’avoir un compte pour laisser un commentaire et réagir.
    En tous cas, je te souhaite de trouver le bon rythme 🙂

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    • Anaelle

      Merci pour ton partage Marianne ! Je découvre la vie sans les réseaux et en effet, il me semble qu’on ne rate pas grand-chose 😉 Pareil que toi, ma vie est tout aussi remplie sans !

      Facebook est l’outil utilisé par beaucoup de petites entreprises car c’est simple et gratuit, contrairement à un site web. Mais parfois il y a des coûts invisibles, pas nécessairement monétaires, qu’on oublie de prendre en compte. En tout cas ton témoignage est intéressant, comme quoi ce n’est pas toujours pratique pour les client·es potentiel·les…

      Réponse
  2. Laurie

    Bonsoir Anaëlle !

    Je te suis sur ta newsletter et viens régulièrement consulter ton blog. J’avais hâte de découvrir ton retour d’expérience face à ton arrêt temporaire de facebook. Déjà, bravo à toi d’avoir réussi ! Tout le monde n’aurait pas tenu le coup, même si ce n’est “qu’une semaine”.

    J’aimerais bien, sur le long terme, pouvoir me passer de tous ces réseaux sociaux ! Un jour j’ai entendu (je ne sais plus où) qu’au lieu de nous rapprocher, les réseaux sociaux nous rendaient plus seuls que jamais. Alors que nous avons la possibilité de communiquer instantanément avec la planète entière, nous nous sentons paradoxalement très seuls. J’ai vécu ça.

    C’était lors d’une période où je n’avais plus de contacts amicaux, je souhaitais donc parler avec un maximum de personnes sur les réseaux pour me sentir mieux. Mais une fois qu’on ne discute plus, que l’autre ne répond pas/plus, ou encore qu’il nous lâche un simple “vu”, c’est terrible ! Mais c’est surtout alarmant d’en arriver là.

    Et puis on voit des photos et des posts de personnes qui semblent mener une vie parfaite, sans problèmes, ils voyagent, font un tas de choses, pratiquent une activité sportive, ont un corps de rêve, une famille et des amis parfaits et j’en passe et des meilleures. Voir ça nous ramène à nos propres “problèmes” et à notre vie que l’on considère moins intéressante. Alors que c’est faux ! Tout le monde a ses propres problèmes, mais personne ne va les exposer sur les réseaux.

    On peut très vite se remettre en question avec les réseaux sociaux. Et c’est très dangereux. Mais comme tu l’écris si bien, il y a ce quelque chose qui nous rend accro. Qui comble nos vides et notre ennui.

    En tout cas, je te transmets une nouvelle fois encore mes félicitations ! En espérant que ton objectif de te décrocher totalement des réseaux finisse par aboutir 🙂 je ne manquerai pas de te suivre pour en savoir plus !

    Réponse
    • Anaelle

      Je te rejoins Laurie, je ne me sens jamais aussi seule que lorsque je privilégie les interactions virtuelles aux interactions réelles. Ce n’est pas toujours possible de voir des gens physiquement, mais quand j’ai besoin de partages et de liens, je préfère appeler un·e ami·e que texter ou scroller. Ça m’apporte beaucoup plus d’amour et de réconfort 🙂

      Réponse
  3. Mag

    Bonjour et merci pour ton retour d’expérience !
    Quand je bossais, j’utilisais les RS, logique pour une chargée de communication, à titre perso également, mais comme j’étais active ça allait. Après est venue une petite dépression et j’ai quitté mon job pour lequel je ne trouvais plus de sens, résultat j’ai beaucoup de mal à remonter la pente, et comme je ne travaille pas, les RS ont envahi ma vie pour combler l’ennui… J’y passe beaucoup trop de temps pour éviter de me mettre en action sur ma recherche d’emploi puisque je ne sais pas quel emploi je veux faire lol… En gros, je suis totalement passive, beaucoup de mal à me mettre en action, la moindre question ou le moindre choix à faire m’amène à chercher sur le web ou sur les RS, j’y passe des plombes, trouvent (TROP) de possibilités et de choix, résultat, je ne choisis rien car ça m’a perdu (est-ce le bon choix, le bon docteur, le bon endroit…etc etc…), j’au du mal à rester concentrer, je m’éparpille constamment et les journées passent… j’ai regardé beaucoup de choses mais au final rien n’a vraiment avancé… car ce web me fait me poser encore plus de questions que je ne m’en pose en règle générale…
    Ohlala en relisant mes mots, je me dis que je dois faire quelque chose et avoir le courage de couper pour occuper mes journées à des choses prioritaires et importantes pour moi ou des activités plus enrichissantes…
    Quoi qu’il en soit, une chose que je n’arrêterai pas, c’est lire tes articles 🙂
    Merci !

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    • Anaelle

      Oui, dans les périodes où on ne sait pas quelle est la suite, c’est un vrai challenge de rester avec l’ennui et le vide sans le remplir aussitôt. Mais d’expérience, traverser cet inconfort donne de belles expériences et découvertes. En tout cas je te le souhaite !

      Réponse
  4. Catherine

    Bonjour Anaëlle,
    L’important est de trouver le bon équilibre pour ne pas être happée à ton insu par les réseaux et en conserver un usage maîtrisé, c’est un chemin et pour chacun il peut être différent. Astuce: pour trouver moins d’attractivité aux écrans que j’utilise lorsque je veux zapper quelque chose, je les ai mis en niveaux de gris. Résultat, c’est beaucoup moins addictif et (là je vais devoir enquêter pour comprendre car étant du métier …) mes yeux fatiguent bien moins, bref c’est reposant en niveaux de gris.
    Au plaisir de te lire à nouveau et de m’inspirer de tes réflexions.

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    • Anaelle

      Je ne savais même pas que c’était possible, merci pour ce partage !!

      Réponse
  5. Emilie

    Hello Anaëlle, j’avais hâte de lire ton retour d’expérience.

    J’ai personnellement installé l’extension Newsfeed Eradicator sur mon navigateur, pour limiter mon temps sur les réseaux, mais je la désactive régulièrement .

    Tu mentionnes avoir réduit ton temps d’écran drastiquement il y a 6 mois… j’ai vécu ça quand je me suis installée dans ma campagne lotoise entre 2017 et début 2021 (il y avait tellement mieux à faire dehors dans mon “jardin” de 16ha!) en zone blanche (très pratique pour ne pas accéder aux réseaux via son mobile). Mais depuis que j’ai déménagé dans un lieu où je n’ai plus de jardin, il y à 8 mois j’ai replongé . Comme quoi, même après 4 ans…

    4 ans à maintenir mes réseaux tous petits pour ne pas me laisser envahir le cerveau sur Facebook, Instagram. J’avoue que cela montre ses limites dans un monde business où c’est la taille de ton réseau qui nourrit tes opportunités….

    Ce sujet est donc un vrai défi.

    Comment créer une chouette communauté et favoriser le co-developpement sans tomber dans le TDAH (on est tous atteint sauf Cal Newport, non?) , sans participer à ce nivellement du contenu vers le bas ou tout le monde s’inspire de la meme chose, dit la meme chose… pas facile.

    Créer sa communauté à soi en dehors des réseaux sociaux, ca demande un niveau de traction et de community management meilleur encore que sur les réseaux habituels (et très chronophage).

    Je suis curieuse de savoir qu’elle alternative tu vas proposer. J’envisage de mon côté de créer une version payante de ma communauté en 2022, mais je sais que cela ne va pas être facile de mobiliser les gens habitués au gratuit (et ca ne règle pas les deux problèmes précédents).

    Hier, mon compte Instagram @slowpreneurs a été mystérieusement supprimé (pas par moi). Je ne sais pas si je le récupérais un jour… Et ca m’a fait pensé à toi et ton expérience. Sauf que là j’ai été sevré de force et j’ai perdu le contenu et la communauté. Entre la déception et la liberation, mon coeur balance… à suivre.

    Réponse
    • Anaelle

      Coucou Émilie, merci pour ton partage super intéressant. Ce que tu racontes de ta relation avec les réseaux me fait penser à la cigarette : c’est tellement conçu pour être addictif qu’on peut “replonger” après avoir arrêté longtemps, et qu’un usage modéré est trèèès difficile.

      Au niveau de l’entreprise, je ne crois pas que la taille du réseau nourrisse les opportunités : je pense que c’est la qualité du réseau. Cette course aux réactions/commentaires à laquelle on participe (souvent inconsciemment) nous a fait viser le nombre plutôt que la qualité des interactions, et au-delà de ça, les interactions plutôt que d’avoir des client·es. Je ne réduis pas mon entreprise au fait de vendre : j’aime offrir mes réflexions, mes expériences, et échanger autour de ça sans aucun enjeu marchand, mais pour qu’une entreprise soit viable elle doit vendre. Les RS nous amènent à croire que la priorité c’est d’avoir des réactions à nos publications… Alors qu’au niveau d’une entreprise, très basiquement la priorité c’est d’avoir des client·es. Et j’ai observé cette année que les personnes qui travaillent avec moi ne sont pas nécessairement celles qui réagissent à ce que je poste. Ça m’a amenée à recentrer mon énergie sur deux choses : partager à partir du cœur et de façon désintéressée d’une part, m’occuper de mon activité avec des actions efficaces pour qu’elle marche d’autre part.

      Je ne sais pas si créer une communauté hors des RS est vraiment plus énergivore et chronophage qu’avec les RS. J’ai l’impression qu’on sous-estime le temps et l’énergie que nous prennent ces réseaux, parce qu’on peut poster depuis chez nous, à tout moment avec le smartphone dans notre poche… Ça semble moins prenant, mais parce que c’est fragmenté. C’est du temps “en miettes”, des trucs qu’on insère dans toutes les interstices de notre vie, et qui ont plein d’inconvénients qu’on ne mesure pas, comme diminuer notre concentration, freiner notre créativité, nous déprimer parfois, etc. Bref, je n’affirme rien mais je pense que le rapport temps/énergie mériterait d’être regardé de plus près.

      Merci en tout cas pour tes questions et réflexions très pertinentes qui me nourrissent ! Et je suis curieuse de savoir si déception ou libération, finalement 😉

      Réponse
  6. Liane

    Hello Anaëlle, Merci pour ce partage d’expérience ! De mon coté j’ai supprimé ma page Facebook il y a quelques mois, sans aucun changement pour mon activité (alors que je flippais grave de perdre cette visibilité).
    Par contre, j’ai conservé mon Instagram, ça me parait difficile de faire sans en tant qu’artiste. En tout cas pour le moment, tant que je n’ai (toujours) pas de vrai site web… Curieuse de voir ce qui est en train de prendre forme et les alternatives que tu nous proposeras !

    Réponse
    • Anaelle

      Coucou Liane, en te lisant j’ai envie de te demander si ta présence sur Instagram est lourde pour toi ? Car après tout, si tu en retires du plaisir et que ça te ramène des client·es, peut-être qu’il n’y a pas de problème 😉 Je suis curieuse d’en savoir plus sur comment tu te sens avec. Merci pour la question en tout cas, ça me pose la problématique de la visibilité des artistes.

      Réponse

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