Sans gluten et sans lactose #0 : un long chemin de croix…

Je vous ai aimés d’amour. Adieu. (©Erich Ferdinand/Flickr)

On connaît tous un intolérant au gluten, ce type qu’on regarde avec pitié à l’apéro en s’enfilant des petits fours jusqu’à tant qu’on s’étouffe. On connaît aussi un intolérant au lactose, c’est pareil sauf que le malaise survient quand tourne un plateau de fromage de la taille d’un bouclier celte. Et puis on connaît des gens qui ont choisi de se nourrir uniquement de produits sans gluten et sans lactose. Petits rires goguenards et regards condescendants. Ah, ce que les gens peuvent être cons à suivre toutes les modes qui passent…

Et puis, il y a quelques années, j’ai regardé cette vidéo de Benjamin (Naturacoach), qui explique avec beaucoup de pédagogie ce qu’est l’intolérance au gluten, pourquoi celui-ci nous nuit (même sans être touchés par la maladie cœliaque) et comment nous en sommes arrivés là. Je ne saurai que trop vous recommander de la visionner : ça a stoppé mon envie de rire.

Sérieusement, qui serait suffisamment maso pour s’auto-exclure sciemment des soirées raclette ou pizzas-bières, des brunchs en terrasse et des restaurants italiens, juste parce que c’est dans ce sens que souffle le vent ?

À part une poignée d’allumés, je ne vois pas. Les autres doivent bien avoir une raison.

Évidemment, la médiatisation des allergies et intolérances alimentaires est à double tranchant : la circulation des informations sur le sujet ouvre une fenêtre d’opportunité rêvée pour la connerie, qui ne rate jamais une occasion de s’incruster. Alors oui, cela profite au développement d’une nouvelle gamme de déjections industrielles estampillées « sans », qui colonisent les rayons de supermarché. Qui a dit que nous étions obligés de les acheter ? Oui, les reportages alarmistes et les suites de l’affaire lasagnes au cheval vont favoriser les comportements d’achat compulsifs, une situation regrettable quand on sait que ces produits coûtent généralement un rein. Oui, c’est une aubaine marketing, un peu d’eau supplémentaire au grand moulin des régimes les plus stupides, évidemment ce sera repris par tout le monde et donc fatalement, par n’importe qui, souvent simplifié à l’extrême et pas toujours à des fins honnêtes.

Et les rageux de basher le tout en 140 signes. Circulez, il n’y a rien à voir.

Maintenant, que fait-on ? Comment fait-on le tri entre ceux qui dénoncent une enfilade, et les témoignages de plus en plus nombreux de personnes souffrant de problèmes divers et variés (migraines, acné, douleurs au ventre, digestion difficile, fatigue, dépression… ), qui connaissent une amélioration nette de leur état depuis qu’ils ont adopté un régime sans gluten et/ou sans lactose ? J’aimerais qu’on m’éclaire.

En ce qui me concerne, la vidéo de Benjamin a fait son chemin dans ma tête. Ajoutez quelques problèmes sérieux de santé, et me voilà à me demander si je ne devrais pas supprimer le gluten de mon alimentation. Et aussi le lactose. Oh, je n’en attends pas de miracle. Je sais que ça ne marche pas pour tout le monde, et qu’on ne peut tirer aucune conclusion scientifique à partir de tests sauvages. J’ai simplement envie d’essayer, de voir si dans mon cas ça change quelque chose. Nourrissant une passion ardente pour la bouffe en général et les tartines de camembert en particulier, c’est quand même un peu la mort dans l’âme que je me lance dans l’aventure…

Sans gluten et sans lactose : débrief des premières semaines

J’ai envie de vous parler des débuts de cette expérience, qui finalement ne s’annonce pas si difficile. En quelques semaines seulement, j’ai découvert une autre façon de cuisiner, à la fois créative, gourmande et savoureuse. J’ai cuisiné des plats délicieux, goûté des saveurs inédites, élaboré des assiettes multicolores que je me suis empressée de prendre en photo dans ma nouvelle vaisselle design.

Non, je déconne. C’est l’enfer.

Soyez-en sûrs : ceux qui prétendent le contraire MENTENT. Vivre sans gluten et sans lactose c’est une misère sans nom.

Et je n’ai même pas mis la barre trop haut : je me suis dit que j’allais commencer par chasser les indésirables de chez moi, à défaut de trouver une solution pour les repas en extérieur. Je n’achète donc plus que des produits sans gluten et sans lactose. Heureusement pour moi, je voue un culte au quinoa et j’étais déjà initiée au lait de soja ou d’amande. Cette première étape est relativement simple, mais quelques jours après le début de mes résolutions, un premier problème se pose : que faire à manger à 10 personnes ?

Ouais, je vous le demande, quel genre de plat sans gluten et sans lactose peut-on préparer pour inviter des gens chez soi ?

Recevoir sans gluten et sans lactose : passage en revue des options possibles

Qu’est-ce qu’on cuisine ce soir ?

Une tarte ? Gluten.

Et si je fais la pâte ? Voyons la recette… Attends, un mélange de farine de riz, de millet et de pois chiche ?? Sérieusement ? Mais ça coûte combien ça ? … Okay, il me faut un crédit à la consommation.

Un couscous au boulgour ? Alerte aux gogols : le boulgour, c’est du blé. Donc. Gluten.

Ah, un risotto ! Lactose (putain, je l’avais oublié lui.)

Un bœuf bourguignon ? Looool. La flemme.

Ah, je sais. Un Dahl de lentilles corail ? Si je fais ça, je vais me faire lapider par les carnivores de l’assemblée. NO WAY.

Bon.

Un poulet coco.

Voilà.

C’est tout. La seule et unique idée que j’aie eue après sept jours de réflexion.

Poulet coco is the new pâtes carbo

C’est un peu la honte parce que le poulet coco c’est la recette que tu fais quand tu as 19 ans, un rencard à pécho et deux plaques électriques dont tu sais pas te servir.

C’est un plat d’étudiant, quoi.

Souvenirs de l’époque ou je pouvais presque cuisiner debout sur mon lit.

À défaut d’aller faire mes courses à la Biocoop en brouette pour renouveler l’intégralité de mon placard à provisions, j’ai décidé de pimper un peu la recette et de faire un poulet coco deluxe®, en ajoutant au trio blancs de poulet/oignons/lait de coco de petits morceaux fondants de carottes et de patates douces, de la pâte de curry, de la sauce soja, des cacahuètes concassées et de la coriandre fraîche à volonté.

Tout le monde s’est régalé. Ouf. Première épreuve réussie. Ou presque. Parce qu’avec tout ça, j’étais vidée, et quand il a fallu réfléchir à l’apéro, j’ai capitulé, j’ai envoyé de la quiche lorraine et de la rillette de thon (une espèce menacée non de non !), dont je me suis empiffrée copieusement.

Bref, sans gluten et sans lactose, c’est pas gagné les gars… (À suivre)

Et vous, des idées de plats relativement simples à cuisiner, pour faire de bons gueuletons et régaler ses invités, sans gluten et sans lactose et sans que la soirée vire au pugilat ?

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