Chacune de nos actions est un vote.

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Je ne vais pas vous parler de politique. Peu importe que dimanche dernier vous ayez voté Macron, Le Pen, Che Guevara ou Dora l’exploratrice. Blanc, nul, par conviction, par dépit. On s’en fout. Je veux vous parler du vote.

On oublie parfois qu’en dehors du spectacle envahissant d’une élection présidentielle, la vie continue. En fait, la vie ne s’est jamais arrêtée. Même si le disque semble rayé depuis des mois.

Ne parlons donc pas de cette élection. Parlons plutôt de tout le reste.

Car oui, le saviez-tu cher lecteur, nous votons tous les jours. Partout. Tout le temps.

Nous votons à chacun de nos achats. Ce sujet, tu le sais, c’est mon dada, mon cheval de bataille. Chaque fois que nous passons à la caisse, nous soutenons tous ceux que nos courses rémunèrent. Souvent on ne préfèrerait pas payer Monsanto ou Coca-Cola, mais comme on n’est pas au courant, ça va.

Nous votons en choisissant la banque à qui nous confions notre argent. L’énergie que nous utilisons, les vêtements que nous portons, l’assurance et la mutuelle auxquelles nous souscrivons, les associations que nous rejoignons, les chaînes de télévision ou de radio que nous suivons.

Nous votons en nous déplaçant, en nous distrayant, en nous soignant, en partant en vacances. Nous votons au travail, à l’école, au guichet de la poste ou en faisant la queue chez le boulanger, bon peut-être pas aux toilettes quand même quoique… BREF, nous votons partout.

Chacun de nos actes a un sens politique, parce que nous sommes une société.

Une société ouverte, aux frontières floues (la France ? l’Europe ? le monde ?) Une société d’individus interdépendants, où chacun occupe un (des) rôle(s), et où personne ne peut prétendre se passer des autres.

Les élections sont des temps forts, certes. Mais l’essentiel n’est pas là.

Nos valeurs ne sont pas là que pour sonner creux pendant le discours du 14 juillet. Nos valeurs ne sont pas des termes galvaudés, usés jusqu’à la corde, des poncifs qu’on saupoudre au hasard sur une allocution présidentielle. Nos valeurs ne sont pas des mots en majuscule dont tout le monde se sert librement quand il n’a plus rien à dire d’intéressant. Nos valeurs ne sont pas des hashtags.

Nos valeurs peuvent être traduites quotidiennement dans chacun de nos actes, et devenir très concrètes.

Chaque jour, notre attitude, nos décisions, nos actions… Tout ce que nous faisons a un impact sur la société dans laquelle nous nous insérons.

Et nous pouvons rentrer dans un passant, ou ranger nos téléphones. Faire des blagues sur Brigitte la cougar, ou lire le programme de Macron. Sourire au quidam dans le bus, ou regarder fixement devant soi. Donner son avis, ou poser des questions. Faire la connaissance de ses voisins, ou vivre à côté d’eux. Se mettre en cuisine, ou faire pédaler un livreur. Aider quelqu’un à monter sa valise, ou lire L’Équipe. Interagir sur Facebook, ou dans la vie réelle.

Et ainsi de suite.

Nous choisissons si nous voulons vivre dans une société de la défiance ou de l’entraide.

Nous décidons d’être bienveillants ou critiques. Ouverts ou repliés sur nous-mêmes. Empathiques ou égocentrés. En quête du bonheur ou résignés. Heureux ou aigris. Actifs ou passifs.

Personne n’a de leçon à donner, et surtout pas moi qui écrit ces mots que je ressasse depuis des semaines. Hier, j’ai failli bousculer un homme sur le trottoir, trop occupée que j’étais à taper un message plutôt qu’à regarder autour de moi. J’ai levé le nez à temps, et j’ai adressé au monsieur un sourire d’excuse, auquel il a répondu par un sourire bienveillant, les yeux brillants de malice.

La belle leçon de douceur.

Nous avons peut-être changé de cap et de représentant politique, mais la base, c’est toujours nous.

Nous sommes une société qui vit et respire au quotidien, pas un télé-crochet dont le gagnant remporte les clés de la France pour les 5 années qui viennent. Ne nous rendormons pas jusqu’à la prochaine Foire du Trône.

Qu’on soit En marche, à reculons ou en moonwalk, le vote, c’est tous les jours. Je voulais l’écrire pour m’en souvenir.

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