21 septembre 2021

Reconversion professionnelle : comment choisir sa voie ?

Je sais pas toi mais moi, les articles sur comment choisir sa voie, trouver le job de ses rêves et ne plus avoir jamais l’impression de travailler, j’en ai ma claque (idem avec la mission de vie, je t’en parlais ici). Parce que ces discours nous maintiennent dans l’illusion d’un « bon » chemin à emprunter, comme si tu n’étais fait·e que pour un truc, et qu’il fallait absolument le trouver.

Aujourd’hui, je t’invite à lire l’échange entre Marion (qui travaille avec moi) et Sophie, qu’Aurore et moi avons accompagnée dans la première promo du Plongeon. Une discussion sur le thème de la reconversion professionnelle, où il n’est pas question de la quête du travail idéal, mais plutôt d’un parcours pour révéler ce qui t’anime vraiment.

Dans cet entretien, Sophie t’explique :

  • Pourquoi elle a décidé de dire stop à un job dans lequel elle ne se retrouve plus.
  • Ce qui a changé depuis qu’elle a réinventé sa vie professionnelle : ses prises de conscience, la façon dont elle gère l’inconfort d’une situation.
  • Comment Le Plongeon l’a aidée à trouver le job qui lui correspond, et comment elle lui donne vie.

C’est parti !

Propos recueillis par Marion.

Hello Sophie ! Où en es-tu aujourd’hui, et qu’est-ce qui t’a amenée vers la reconversion ?

choisir sa voie sophie le jeune
Sophie, c’est elle.

Je suis au démarrage de mon projet. J’ai déjà fait deux tentatives de reconversion, mais c’était plutôt de la fuite en avant. J’étais en poste, je voulais faire autre chose, et je fonçais dans une direction. À chaque fois, ça m’a amenée à retourner vers un travail salarié. Il y a deux ans, j’ai repris un poste en CDI et j’ai mis de côté l’idée de devenir indépendante. Je ressentais vraiment le besoin de retrouver du confort et de la stabilité.

J’étais très frileuse à la perspective de rouvrir ce sujet.

Sauf que la réalité était là : j’avais renoué avec un emploi dans lequel je ne m’épanouissais pas.

Je ne voulais pas reproduire les schémas qui m’avaient mise en échec, mais je ne voyais pas du tout comment m’y prendre. En février, j’ai découvert Le Plongeon et le programme m’a plu. J’y suis allée, sans trop savoir vers quel projet j’allais m’orienter.

Dans quel domaine tu évoluais avant de changer de voie ?

J’ai une formation d’ingénieur agronome. J’ai beaucoup travaillé pour des projets de préservation de terres agricoles et d’accompagnement à l’installation en agriculture bio. De très belles valeurs, mais au fur et à mesure du temps, j’ai eu envie d’évoluer vers autre chose.

J’ai fait de l’accompagnement en développement personnel pendant un an. Mais je n’ai pas démarré dans de bonnes conditions. À un moment donné, je me suis rendu compte que ça n’allait pas marcher.

C’est grâce à un coaching que j’ai pris conscience que c’était comme si je voulais faire de l’accompagnement pour aider des gens à trouver leur voie, que moi-même je n’avais pas trouvée.

Et puis, un peu par hasard, je suis tombée sur un poste de prospection foncière dans les énergies renouvelables pour l’installation de parcs photovoltaïques. J’avais été indépendante pendant plus d’un an, je m’étais intéressée à la prospection et à l’aspect commercial, etc. Donc j’avais envie d’explorer ce domaine-là.

Début 2021, j’ai fait le constat que je n’avais pas l’appétence pour progresser dans ce milieu. Je n’arrivais pas à m’y projeter.

L’inconfort était trop grand et j’ai fait le choix d’ouvrir la porte à autre chose.

Ce n’est pas ta première reconversion professionnelle : tu sembles plus affirmée, qu’est-ce qui est différent cette fois ?

Ma vision de la vie pro ! Je ne vois plus ma reconversion comme une finalité à atteindre. Grâce à l’accompagnement d’Aurore et Anaelle, j’ai démarré mon projet avec la conscience que ça se fera par étape. Je vais démarrer avec une envie qui va peut-être m’amener sur autre chose. L’important c’est d’y aller ! Et ne pas attendre d’avoir un projet bien ficelé puisqu’en fait, ce n’est jamais figé.

Que penses-tu des discours sur la reconversion professionnelle qui poussent à chercher le « job de ses rêves » ?

C’est hyper important de dire que c’est un leurre. Tu sais, le truc de : « Ah ça y est j’ai trouvé ma voie, je vais sauver la planète, je vais faire ça ! »

Pour ma part, je me suis mise en difficulté parce qu’il fallait absolument que ça marche. J’y allais à fond, je me mettais des œillères et je ne m’écoutais pas vraiment. Le Plongeon m’a aidée à comprendre ça et ça a été le déclic pour moi.

Cette fois, j’ai compris que je ne suis pas obligée de me mettre en danger pour y arriver.
J’ai déjà vu des trucs du genre : « Ben oui faut oser investir beaucoup d’argent pour réussir. » Pour moi, c’était important d’avancer en sécurité. Là, le projet sur lequel j’évolue, je ne sais pas pour l’instant comment je vais en vivre. Et je suis bien avec ça. L’économie du projet, je ne l’ai pas.

J’ai conscience que ça va prendre du temps, et je me crée les conditions pour avoir le temps.

Peux-tu en dire plus sur le projet en train de se dessiner ?

Je m’oriente vers de la création de vêtements que je vais vendre. Je ne sais pas si, à terme, ça ira vers une marque et de la production à plus grande échelle. Pour l’instant, je démarre avec ce projet de confectionner moi-même des vêtements sur mesure ou en petites séries.

Il y a 5 ans, j’avais déjà le projet de me reconvertir dans le textile. Je cousais ma garde-robe depuis quelque temps, j’étais passionnée par le domaine, mais je ne me voyais pas faire de la couture mon métier. Alors, j’ai étudié toutes les autres possibilités dans l’univers du textile et de la mode. Mais j’en suis restée à l’étape de la réflexion, je ne suis pas passée à l’action.

Et puis il y a eu une séance dans Le Plongeon sur le thème du désir, de l’importance de reconnaître ses envies. S’exercer à écouter même de tout petits désirs du genre j’ai envie de manger une glace.

Dans la nuit suivant cette séance, un truc s’est réveillé en moi : le textile quoi ! J’ai une énergie dingue quand je parle de vêtements, de la connaissance de soi par les vêtements. Je me suis dit : « C’est à nouveau là, et je ne vais pas le remettre sous le tapis. »

Je suis restée une ou deux semaines comme ça, avec l’envie de me reconvertir dans le textile sans savoir ce que j’allais faire. Le fait de rester dans quelque chose d’ouvert, de ne pas chercher à avoir tout de suite la réponse, ça a été précieux.

Petit à petit, j’ai reconnu mon envie de créer des vêtements. Avec mon crédit CPF, je me suis inscrite à une formation à distance pour préparer le CAP couture. Je le passerai en 2022 en candidat libre. En parallèle, je commence à me former au modélisme afin de concevoir mes vêtements.

choisir une voie professionnelle

Aujourd’hui dans ce cheminement-là, qu’est-ce qui te fait kiffer ?

La perspective de faire des vêtements pour des gens. D’aller trouver de belles matières, des couleurs. De faire des vêtements qui correspondent pile à ce que les gens cherchent. Des vêtements qui leur vont, dans lesquels ils se sentent bien. C’est vraiment ça qui m’anime.

Il y a deux ans, j’ai suivi le niveau 1 de la formation pro à La Méta® de Flora Douville. J’ai adoré essayer de trouver quelles couleurs et quelles matières conviennent à chacun ! Il y a un peu de ça en arrière-plan de mon projet.

Quand tu regardes la Sophie de février et la Sophie d’aujourd’hui, qu’est ce qui a changé ?

J’avais cette envie d’explorer, mais je ne m’attendais pas à avoir un projet définitif à la sortie. Je me disais : « Ça va prendre du temps ! » J’ai adoré avancer à mon rythme, en étant bien avec moi, retrouver de la sérénité.

En février, je n’étais pas bien par rapport à ma situation, j’avais beaucoup de peurs. Et cette insécurité-là, je ne l’ai plus.

Il y a eu trois moments forts pour moi pendant Le Plongeon :

  • la séance sur le désir avec comme des bulles de champagne qui sortent et l’idée du textile qui refait surface ;
  • deux séances en coaching qui m’ont permis de débloquer des peurs qui me limitaient et généraient beaucoup de stress.

Quel conseil tu donnerais à quelqu’un qui se trouve dans ta situation ?

Le fait d’oser y aller, sans savoir à quoi ça va aboutir. Nous vivons dans une société où on nous demande tout le temps de savoir. Tout le temps d’avoir des projets avec des business plans et des plans d’action cohérents. On peut très vite s’enfermer dans des idées.

Il faut accepter d’explorer une envie sans savoir ce que ça va donner. D’y aller en prenant son temps. Et plutôt que de lutter contre l’inconfort, rester avec et y aller quand même.

Ce qui est fou, c’est que ça fait quand même 5 ans que je tourne autour de ce projet. J’ai commencé Le Plongeon en me disant que je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire, alors qu’en fait, si !

Le déclencheur a été de me dire que je suis obligée de tester un truc pour avancer. Dans ma tête, je ne trouverai pas la solution. C’est l’expérience qui m’apportera les réponses.

Pour aller plus loin sur la reconversion professionnelle et comment choisir sa voie

💬  J’espère que cette discussion avec Sophie t’a boosté·e pour explorer tes envies et envisager ta reconversion ou tout autre changement… Sans te mettre la pression sur « comment trouver sa voie » ! Qu’est-ce qui te parle le plus dans son parcours, et qu’est-ce que tu retiens de cette interview ? Dis-le nous dans les commentaires !

💟  Envie de changer de métier, de domaine d’activité, de trouver ou créer le job qui te correspond de la tête aux pieds ? Rejoins la prochaine promotion du Plongeon qui démarre le 11 octobre !

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3 Commentaires

  1. Lucile

    Merci infiniment, Sophie, pour ce partage ! C’est génial que tu remettes l’importance du désir au centre de ta reconversion (et merci infiniment à Anaëlle de l’avoir sortie de la cave !). Je commençais à lire des signes en ce sens dans mes expériences, alors tu m’encourages très fort à continuer dans cette direction ! Continue à t’épanouir à fond avec des étoiles plein les yeux et des bulles de champagne dans le ventre 😉
    PS : Anaëlle, tu peux publier plein d’histoires comme celle-ci : c’est vraiment un moteur de changement pour nous autres, les tortues !!!

    Réponse
    • Anaelle

      Merci Lucile pour ton commentaire, ça fait super plaisir, d’autant que c’est dans les cartons 😀

      Réponse
    • Sophie

      Merci Lucile! Je suis contente de savoir que mon interview t’a inspirée!

      Réponse

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