14 septembre 2021

Remettre ses priorités au centre de sa vie : l’interview d’Amélie

Aujourd’hui, c’est Marion qui t’écrit ! Je profite qu’Anaelle soit partie 5 jours faire des trucs bizarres dans la forêt pour prendre la main sur le blog.

Si tu ne me connais pas, j’ai rejoint la team La Révolution des tortues au mois de juin en tant que business manager. Oui, je sais, ça ne veut rien dire : si tu veux en savoir un peu plus, tu peux regarder ici. Anaelle t’en reparlera. Ou peut-être moi. On n’est pas encore décidées sur le sujet.

J’ai une fâcheuse tendance à aimer travailler, mais vraiment. Et quand j’ai une nouvelle lubie, je m’y mets à fond. Tu vois ce que je veux dire ? Bon. Pas besoin de détailler plus pour comprendre qu’identifier mes priorités et les mettre au centre de ma vie, c’était pas prévu dans la configuration initiale de mon cerveau.

J’ai testé 2-3 conseils formatés pour y remédier – en vain. C’est surtout le fait d’échanger avec d’autres entrepreneur·es sur le même chemin qui m’a aidée à me remettre moi au centre de ma vie (tu vois, c’est pas encore naturel parce que j’ai l’impression d’être en plein egotrip en t’écrivant ça). Ces échanges, j’ai décidé de les partager avec toi sur ce blog, pour t’inspirer et t’apporter des clés sur comment entreprendre autrement.

Échange avec Amélie Charcosset, enseignante, autrice et animatrice d’ateliers d’écriture

Aujourd’hui, je t’invite dans ma discussion avec Amélie Charcosset, qui a créé son entreprise en 2013, un peu par hasard comme elle dit. Amélie est enseignante de français langue étrangère (FLE), autrice de fiction et accompagne les gens dans l’écriture des histoires qu’ils·elles ont envie de raconter grâce à des ateliers collectifs d’écriture ou des accompagnements individuels.

Dans cet interview, Amélie te raconte :

  • Comment elle a créé son entreprise et trouvé ses premiers clients.
  • Ce qui a changé depuis qu’elle s’est lancée : ses prises de conscience, les décisions qu’elle a prises, les opportunités qu’elle a saisies.
  • Comment la formation Slow Business l’a aidée à remettre ses priorités au centre, pour que son business soit au service de sa vie, et pas qu’elle en soit l’esclave.

T’es bien installé·e ? C’est parti.

Marion : Qu’est-ce qui t’a donné envie de créer ton entreprise ?

Amélie : Quand j’étais ado, je participais à des ateliers d’écriture. J’ai toujours trouvé que c’était de chouettes espaces qui permettent d’être accompagné·e et d’avancer dans un domaine qui est finalement assez solitaire.

Ensuite, quand j’ai commencé à enseigner le FLE, je me suis dit que le dispositif de l’atelier d’écriture apporterait quelque chose à mes cours. C’est comme ça que j’ai commencé à développer mes propres outils.

En ce qui concerne le statut, j’ai tout de suite été indépendante.

En 2013, quand je suis retournée en Belgique après mes stages à l’étranger, j’ai regardé ce que j’avais comme argent de côté, et je me suis laissé quelques mois pour trouver un boulot. Je voulais trouver un boulot de salariée prof de FLE, et faire des ateliers d’écriture à côté. J’ai appris que l’Alliance française de Bruxelles cherchait des enseignant·es de FLE, mais uniquement en indépendant·e. Ça me faisait envie, je ne me suis pas posé de question et j’ai créé mon statut.

J’avais 0 conscience de ce que ça impliquait. Être indépendante, je ne savais pas ce que ça voulait dire. Mais ça m’a poussée à proposer tout de suite des ateliers d’écriture, parce que j’avais le statut pour le faire.

J’ai eu de la chance, car j’ai eu de chouettes premières pistes et le bouche-à-oreille a rapidement fonctionné.

Tu vois, c’était un peu du hasard, mais c’est ce qui me va le mieux. Je ne me vois tellement pas être salariée. Quand j’entends mon compagnon et mes ami·es parler de leurs expériences, à aucun endroit ça ne me fait envie.

Qu’est-ce qui te nourrit et te donne l’énergie au quotidien ?

J’adore préparer des ateliers, imaginer comment accompagner les gens pour qu’ils·elles racontent ce qu’ils·elles ont à raconter.

J’adore aider à provoquer des déclics. Tu sais, le moment où les gens tout à coup se sentent capables, je trouve ça tellement puissant. Il y a un truc hyper jouissif pour moi.

J’aime aussi beaucoup partager ce qui me touche, ce que je découvre. Mes ateliers sont créés à partir de lectures que j’ai faites ou de moments qui m’ont touchée. C’est l’espace parfait pour partager ça, en plus à des gens qui vont s’en emparer et créer à partir de ça.

Dans l’entrepreneuriat même, ce qui me plaît, c’est le fait de pouvoir mettre en place ce que je veux, de trouver comment me libérer du temps, de faire plus de chiffre d’affaire. Bref, de construire quelque chose à partir de moi.

Tu pars en fait de ce qui te fait du bien à toi, pas de ce que tes client·es viennent chercher ?

Oui, je parle toujours de thèmes qui me tiennent à cœur. Et tous les ans au mois d’août, je choisis mes thèmes de l’année à partir d’une chanson que j’écoute en boucle. J’y pioche 5 mots et ça me sert de fil rouge.

Ça m’arrive de demander des idées de thèmes à mes client·es. Une fois, je me suis retrouvée avec un thème de science-fiction. Un genre qui ne m’attire pas du tout, mais j’ai adoré cette contrainte parce que j’ai compris que je pouvais créer un atelier à partir d’un thème qui ne me parle pas, mais en y mettant ma patte.

C’est le même principe qu’en atelier : tu as des propositions, et un temps très court pour écrire quelque chose. Ça déclenche plein d’associations d’idées et tu n’as pas de problèmes de page blanche. La contrainte libère la créativité.

respecter ses priorités
Et en plus apparemment on se marre bien.

Tu as démarré tout de suite en indépendante. Est-ce que tu as ressenti un vertige quand tu as réalisé que tu pouvais faire ce que tu voulais ?

Oui, mais beaucoup plus tard.

Les premières années, j’étais en mode presque salariée. Je ne cherchais pas spécialement de missions, je n’avais pas d’offres de services. Je réfléchissais même à trouver un boulot fixe à mi-temps pour avoir plus de stabilité.

En 2017, soit 4 ans après la création de mon entreprise, je me suis intéressée à l’entrepreneuriat. Et là, je me suis dit : « Attends, mais c’est ça en fait être indépendante ? ».

J’ai vu tout ce que je pouvais faire et j’ai adoré me plonger dans ce milieu.

C’est hyper varié, j’ai plein de moments avec des gens en atelier. Mais je suis aussi très introvertie, alors ça me fait du bien d’avoir plein d’espaces où je suis toute seule.

J’aime pouvoir imaginer ce que je veux et ne pas me sentir figée dans un truc. Quand quelque chose ne me plaît plus, si une offre arrête de m’amuser par exemple, je ne la propose plus et c’est tout.

Est-ce que ça t’est arrivé d’avoir des moments où tu as eu envie d’arrêter ?

Très peu. La seule fois où ça m’est arrivé, c’est en février 2020. J’étais hyper chargée, j’avais plein de rendez-vous, mais je générais peu de chiffre d’affaires. Je voyais que ça ne collait pas, mais je ne savais pas comment régler ça. J’ai eu 2-3 jours où j’en ai eu marre.

Au début du confinement, tout a changé parce que plein de choses ont sauté dans mon agenda. J’ai lancé des ateliers en ligne qui ont super bien marché et j’ai généré plus de CA, ce qui m’a permis de faire des choix derrière.

Le confinement est venu réaffirmer un choix que tu n’avais pas fait, finalement.

Oui, complètement. Mais j’ai encore du mal à assumer de dire que le confinement m’a été bénéfique.

Quand je me suis installée en Suisse en 2018, je ne connaissais personne. Avant, j’avais une activité en local, j’avais mon réseau. J’avais l’idée de faire des ateliers en ligne, mais ça me paraissait compliqué. J’en avais pourtant fait un, une fois, qui avait super bien marché. Mais j’en n’avais rien fait derrière. Avec le confinement, c’était évident que c’était ça qu’il fallait faire.

Comment tu te fais connaître ? Comment tu trouves tes client·es ?

Grâce à ma newsletter. Je l’ai commencée 2-3 mois après être arrivée en Suisse. Ma newsletter m’a apporté la majorité des client·es pour mes ateliers en ligne. C’est fou, parce que pendant 2 ans, j’en ai rien fait de ma newsletter, et là j’offrais aux gens qui me suivaient depuis tout ce temps la possibilité de me rejoindre sur des ateliers en ligne.

J’ai aussi une page Facebook, mais qui me sert juste de carte de visite. Pour la visibilité, j’utilise mon profil qui a beaucoup plus de vues. J’ai une partie blog sur mon site, mais je la mets assez peu à jour.

Quels conseils tu donnerais à quelqu’un qui se lance en indépendant aujourd’hui ?

De tester rapidement des choses. De ne pas attendre que ce soit parfait.

C’est un truc que je me répète fréquemment, car j’ai une grosse capacité d’autosabotage via le perfectionnisme. Un premier jet, ça peut être déjà très bien.

Quand tu regardes la Amélie de 2013 et la Amélie d’aujourd’hui, qu’est-ce qui a changé pour toi ?

Il y a un vrai truc d’affirmation que j’ai trouvé en me faisant coacher. Par exemple, j’ai arrêté de travailler avec des personnes avec qui ça se passait très bien, parce que mes autres projets étaient plus importants.

À ce moment-là, je travaillais sur mon roman. Ce désir d’écrire était plus fort que le reste. La question, c’était : « Est-ce que j’ai le courage de l’amener devant ? De prendre le risque que les gens soient fâché·es, tristes, déçu·es ? »

Personne ne me demande d’écrire des livres. Alors, comment je mets vraiment ça au centre ? C’est beaucoup plus facile de dire oui à quelqu’un qui vient te demander un truc. Tu le fais et tout le monde est content. Ça te donne un shoot de confiance en toi parce que les gens sont contents de ce que tu fais.

En termes de satisfaction sur le court terme, oui c’est cool, mais pas sur le long terme. Avec les romans sur lesquels je travaille, c’est l’inverse.

Pour mettre la priorité sur ce projet important pour moi, j’avais besoin de faire du tri, de me libérer du temps. Et depuis l’année dernière, beaucoup de choses ont bougé pour moi. Je sentais que j’avais passé un palier, et j’avais perdu mes repères. J’avais besoin de stabiliser les choses.

Je te donne un exemple. Je dis tout le temps que je veux aller écrire ailleurs, mais je ne le faisais qu’avec des amies. Je vois que ça me fait du bien, mais je ne m’étais jamais dit que je pouvais aussi le faire toute seule, m’offrir cet espace-là, et surtout l’auto-financer.

En suivant la formation Slow Business, j’ai remis mes priorités au centre et j’ai réussi à dédier 3 jours d’écriture par mois dans un autre lieu. Ça me fait aussi un objectif financier.

Savoir pourquoi je veux concrètement plus de chiffre d’affaire m’aide carrément à l’atteindre. Avant, les chiffres étaient comme déconnectés de la réalité. Maintenant, c’est clair… et du coup plus motivant aussi !

Cette formation est arrivée au bon moment, parce que je venais de finir la campagne de crowdfunding pour mon livre et elle a hyper bien marché. Mon livre était terminé, j’allais passer à autre chose. Sauf que je connais ma capacité à vouloir remplir le vide et à enchaîner sans prendre le temps de digérer. Je voyais bien que je n’allais pas m’autoriser à avoir cet espace-là. Alors que j’en ai besoin !

Qu’est-ce que tu retires de mieux ?

L’affirmation. Je revois toutes les histoires que je pouvais me raconter sur le fait de lâcher des missions.

Ce qui est douloureux, c’est la résistance à ce qui se passe, et pas ce qui se passe en soi. C’est le meilleur conseil que je retiens des coachings que j’ai suivis.

J’ai aussi appris que le fait de se rendre plus petit pour ne pas blesser ou pour ne pas faire peur, ça ne sert personne. En faisant tout ce qu’on a envie de faire, en brillant comme on a envie de briller, ça apporte beaucoup plus.

Pour aller plus loin

💬 J’espère que cette interview t’a donné moult inspiration ! Qu’est-ce que tu en retires de plus précieux ? Dis le nous dans les commentaires !

💌 Tu peux t’abonner à la newsletter d’Amélie et connaître les dates de ses prochains ateliers sur son site internet.

💟 Envie de joie, de sérénité et d’efficacité dans ton entreprise/projet ? Rejoins la formation Slow Business & Projects pour (re)poser les bases d’une activité aussi kiffante qu’impactante.

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